La gauche politique, un mythe ?
par Samuel Blouin
Ici, mon but n’est absolument pas d’énoncer une vérité universelle. Je n’oserais jamais avoir une telle prétention. En revanche, j’ai bien pour objectif de susciter la réflexion sur notre moule politique. J’ai moi-même des affinités davantage gauchistes, mais je crois qu’il est important que nous regardions de plus près ce mouvement dans le cadre de notre système politique et économique. J’aimerais sincèrement qu’un pouvoir de gauche fonctionne réellement. Cependant, nous allons voir que la place de la gauche n’est peut-être pas au pouvoir. Malgré cela, la gauche joue un rôle fondamental en politique, et cela n’exclut pas que les choses finissent par changer. En attendant, examinons un peu notre système politique.
Je crois que tout le monde sera d’accord pour dire qu’on retrouve essentiellement trois courants politiques : la droite, la gauche et le centre. Bien sûr, toutes les combinaisons sont possibles et on hésite de moins en moins à les utiliser. Bientôt, nous aurons un parti de centre-droit à tendance gauchiste ou encore un centre-droit révolutionnaire (tant qu’à dire des absurdités, disons-en des vraies !). Aussi, chaque courant se dérive en une infinité de degrés allant de l’extrême au modéré. Maintenant, généralisons quelque peu. Il faut toutefois se méfier des généralisations qui peuvent être trompeuses. Je vais ici tracer un carcan général de ces courants, mais je ne dis pas que les exceptions n’existent pas.
La gauche politique est-elle un mythe ? Essayons de répondre à cette question. Je répète que ce n’est pas LA réponse, mais bien une réponse parmi tant d’autres. Le principal problème de la gauche (je vais seulement parler de la gauche modérée ici) est le besoin de se faire élire. En effet, tout parti politique, peu importe son attitude, doit se faire élire dans un système démocratique. Donc, pour se faire élire, le parti de gauche n’a pratiquement pas le choix de passer outre ses principes. À moins que la population ne change radicalement (radicalement… danger de tomber dans l’extrémisme), la gauche sera forcée au populisme pour se faire élire, ce qui va à l’encontre d’une attitude intellectuelle. On risque encore une fois de prendre les gens pour des imbéciles. Par populisme, j’entends l’application de politiques populaires, et une communication simple et rudimentaire avec la population. Comme je l’ai dit, la population n’aime habituellement pas trop le changement, donc le parti de gauche n’a pas le choix d’appliquer des politiques de la droite modérée pour se faire élire, c’est-à-dire préconiser le statu quo. De plus, une parfaite équité sociale est impossible sans remettre en question le libéralisme économique qui est, jusqu’à preuve du contraire, le seul système qui ait su assurer le fonctionnement de l’économie, malgré tous ses défauts. Au Québec, on pourrait placer le Parti libéral et le Parti québécois dans la droite modérée. PQ et PLQ même combat. Certains diront que le PQ est à gauche. Cependant qui dit gauche, dit réforme. Je ne crois pas que le PQ propose de réforme, surtout que l’indépendance a été délaissée pour faire place à une «conversation nationale». Vive le flou politique ! À la limite, on pourrait le situer au centre-droit. Vous n’avez qu’à comparer les programmes des deux partis pour constater que les ressemblances sont nombreuses. L’Action démocratique du Québec se situerait entre la droite modérée et l’extrême droite selon moi. Québec solidaire (solitaire ?) serait à l’opposé de l’ADQ entre la gauche modérée et l’extrême gauche à cause de ses affinités communistes. Le Parti vert serait probablement de la gauche modérée, peut-être même de centre-gauche, mais je dois avouer que je ne connais pas suffisamment leur programme pour être un bon juge (donc, à prendre avec un grain de sel).

Avril 2009
Pourquoi lire ?
Pour certains, la question peut sembler absurde.
Cela est peut-être vrai pour une minorité (eh oui, je crois malheureusement
qu’il me faille employer le terme «minorité») qui aime lire. Toutefois, si on
leur demandait de dire pourquoi ils lisent, la réponse pourrait se faire
attendre. Il est vrai que l’on nous dit depuis notre enfance que c’est bien de
lire (du moins j’espère), mais nous a-t-on déjà expliqué pourquoi ? Je me
suis posé la question et je me suis rendu compte que la réponse n’est pas si
évidente d’un premier abord. Je vous propose donc les fruits de ma réflexion à
ce sujet en neuf points :
- Simplement pour le plaisir de lire. Cela peut sembler simple, mais il est possible et même souhaitable de ressentir du plaisir en lisant. Il est certain que pour plusieurs cela ne semble pas aller de soi. Cependant, je suis de ceux qui croient fermement qu’une personne qui ne s’amuse pas en lisant est une personne qui n’a pas trouvé le genre littéraire qui lui convient. Toutes les formes de lecture sont valables : romans, documentaires, essai, B.D., encyclopédies, nouvelles, science-fiction, fantastique, roman historique, philosophie, etc. Ce n’est pas le choix qui manque, alors, à chacun de trouver ce qu’il préfère. C’est en essayant différents styles qu’on finit par trouver. Je n’ai encore connu personne qui a essayé et qui n’a pas fini par aimer.
- Une autre raison facile qu’on nous sert régulièrement : la lecture améliore nos capacités en français (ou dans toutes autres langues). Lire permet certainement de développer notre propre style d’écriture, puisque ce n’est qu’en fréquentant différentes œuvres littéraires que nous pouvons connaître toutes les possibilités stylistiques, ce qui nous permet d’élaborer notre style personnel. Mais, de façon plus pratique, la lecture permet de visualiser des milliers de mots différents, d’où une amélioration indubitable des capacités orthographiques et de l’étendue du vocabulaire. Sans que nous nous en rendions compte, notre cerveau enregistre plus d’informations que nous le pensons. Donc, la lecture permet de s’éviter de gênantes erreurs d’orthographe et de grammaire.
- Un autre des fabuleux avantages de la lecture est qu’on ne s’ennuie jamais quand on aime lire. Pour ma part, il y a de cela bien des années que je ne me suis pas ennuyé. Dès que je ne sais pas quoi faire, je n’ai qu’à plonger dans un livre pour me divertir. Le plus étonnant est que cela fonctionne vraiment. Lorsque vous avez trouvé ce que vous aimez lire, tant que vous n’aurez pas tout lu ce qui a été écrit dans ce genre (ce qui n’arrivera jamais, rassurez-vous), vous ne pourrez vous ennuyer. La lecture devient alors un passe-temps infaillible.
- Pour ce quatrième point, j’aborde une raison un peu moins courante : la lecture nous fait évoluer. Je crois beaucoup à cette affirmation, surtout dans le cas de la fiction ou de la littérature (excluant les documentaires) en général. Ce peut aussi être vrai pour les documentaires, mais dans une moins grande mesure. La fiction nous permet de bénéficier de l’expérience de dizaines de personnages qui vivent des choses qui peuvent facilement nous toucher. Tous les personnages ressentent des émotions humaines (puisque leurs créateurs sont humains), ce qui ne peut que nous rejoindre. La rencontre de ces personnages nous donne l’occasion d’évoluer, de changer et d’apprendre. Un roman peut vraiment modifier la façon dont on voit la vie. De plus, chacun peut interpréter une œuvre littéraire à sa manière pour en retirer ce qu’il souhaite, d’où la richesse de la littérature.
- Voici maintenant une raison un peu plus terre-à-terre : la lecture accroît nos connaissances générales. Je crois que personne ne peut remettre en doute celle-ci. La lecture est une formidable manière d’acquérir des connaissances sur à peu près tous les sujets (sur la science, les humains, la vie, l’histoire, etc.). La lecture est par conséquent l’un des meilleurs moyens d’apprendre, avec peut-être le voyage (mais la lecture n’est-elle pas une forme de voyage ?). Et il n’y a pas que les documentaires qui nous apprennent. La fiction, il est vrai, ne nous apprend pas nécessairement des connaissances, mais nous fait vivre de précieuses expériences desquelles il est possible de tirer des enseignements.
- La littérature nous donne aussi accès à des endroits et à des époques auxquels nous n’aurions pas accès autrement. On n’a qu’à penser aux romans historiques qui nous exposent l’esprit d’une époque révolue. Les romans nous permettent de comprendre les préoccupations et les modes de vie des gens, souvent relatées de manière très fidèle.
- La lecture a aussi l’incroyable faculté de toujours être présente, même dans les moments les plus difficiles. Il s’agit d’y faire appel. Quand tout semble aller mal, nous pouvons nous appuyer sur le savoir collectif que renferment les livres. N’est-ce pas rassurant ? La littérature nous permet de bénéficier d’une échappatoire momentanée où nous pouvons nous ressourcer et relativiser notre situation.
- Cette fois, une raison un peu plus secondaire, mais qui revêt tout de même une certaine importance. La lecture nous permet non seulement de mieux maîtriser notre propre langue, mais nous permet de faciliter l’apprentissage d’une seconde. La littérature enrichit notre vocabulaire dans cette autre langue et nous alloue le plaisir de découvrir la culture y étant associée.
- Finalement, une raison qui en est plus ou moins une : la lecture facilite la lecture. Eh oui ! une fois que nous avons commencé à lire, nous sommes pris dans un terrible cercle vicieux duquel il est impossible de sortir. Plus nous lirons, plus il nous sera facile de lire tout ce que nous voudrons, peu importe le niveau de langue employé. Nous accédons alors à une liberté intellectuelle incroyable.
Donc, voilà neuf raisons pour lire, et surtout, aimer lire. Si vous n’aimez pas lire, mais que vous avez tout de même lu cet article, c’est un très bon début !

Avril 2009
Voir plus loin que le bout de son sac en plastique
par Léa Cullen-Robitaille
La récente législation qu’ont adopté plusieurs épiceries a fait couler beaucoup d’encre et a déversé un grand flot de paroles. Plusieurs se réjouissent de cette nouvelle, d’autres pensent qu’il y a longtemps qu’elle aurait dû être mise en action, certains encore en la trouvent pas assez sévère et enfin quelques-uns trouvent à redire. Pour ces derniers, il n’est pas acceptable de faire payer les sacs aux consommateurs. Ils invoquent l'oubli fréquent de traîner les sacs réutilisables avec eux lorsqu'ils font des emplettes. Ils ne veulent évidemment pas payer pour ces oublis. Ils prétendent aussi qu'ils ont besoin de ces sacs pour leurs poubelles domestiques : ils sont alors obligés d’en acheter des neufs au magasin qui, disent-ils, sont plus épais et plus long à se décomposer. Il serait donc illogique de dépenser de l’argent pour acheter des sacs n’ayant que pour utilité de transporter des déchets et d’être jetés par le fait même. Ayez donc à l’esprit, chers consommateurs de sacs en plastique, que ces objets nécessitent une quantité considérable d’énergie, d’eau et de pétrole pour être produits. Le but n’est pas de remplacer les sacs d’épicerie par des sacs neufs achetés, mais bien d’en envoyer moins dans l’écosystème, le site d’enfouissement et l’incinérateur. Il ne s’agit pas de se servir de sacs réutilisables à l’épicerie pour ne pas payer leur coût (bien que cela puisse être un incitateur), mais bien de réduire la quantité globale de sacs en plastiques si néfastes pour l’environnement. Regardons de plus près les solutions qui nous sont offertes pour les remplacer.
Depuis quelques années sont sortis sur le marché plusieurs types de sacs en plastique. Certains sont oxodégradable : ils se décomposent après peu de temps en infimes particules de plastique. Ils prennent donc moins de place, mais leur état d’objet de plastique perdure pendant aussi longtemps que s’ils étaient entiers. Leur valeur écologique est donc amoindrie. Les sacs en plastique sont parfois identifiés avec le sigle de recyclage. L’intention est bonne, chers amis, mais les moyens sont absents. Sachez que ces sacs en plastique doivent être traités séparément des autres déchets arborant le même sigle, car ils se coincent dans les machines. Ce faisant, peu de villes (pour ne pas dire aucune) de la province de Québec les recyclent à cause de leur traitement spécial dispendieux. Il n’est donc pas nécessairement avantageux de les utiliser à la place des autres puisqu’ils aboutissent aux mêmes deux endroits : l’incinérateur et les sites d’enfouissement, et ce pour quelque 400 ans. Les sacs compostables sont, quant à eux, le choix le moins pire à condition qu’on en dispose par un système de compostage. S’ils se retrouvent à l‘incinérateur ou au site d’enfouissement, ils ne retourneront point à leur état naturel : tout bénéfice en sera perdu. Il y aura même, pour ces déchets putrescibles, un dégagement de méthane, gaz tout aussi néfastes que le CO2 s'ils sont enterrés parmi les autres déchets et coupés d'oxygène nécessaire à leur décomposition. La meilleure solution reste donc les sacs réutilisables (choisissez-les de préférence en tissu biologique, équitable, et fait au Québec…mais bon, un sac réutilisable, c’est déjà très bien !).
Les sacs en papier seraient selon plusieurs, une solution moins nuisible pour l’environnement. En effet, selon eux, le papier est recyclable, ce qui n’est pas du tout faux. Il permet donc d’alimenter l’industrie du recyclage de papier, et en outre d’être utile pour contenir les journaux destinés à la récupération. Il paraîtrait, selon ces gens, que ces sacs de papier peuvent aussi être réutilisables. Je leur répondrais qu’il ne faut pas oublier que le papier n’est pas une solution durable. Qui a déjà réutilisé un sac en papier brun pour l’épicerie? Sa durée de vie est très limitée : la fragilité de ses fibres le rend donc sujet à une utilisation éphémère. Son traitement nécessite aussi beaucoup d’eau et d’énergie Si le bois est une ressource renouvelable, on ne peut pas en dire autant de la gestion actuelle des forêts dans une perspective à long terme : essayons donc de protéger du même coup nos forêts. La meilleure solution reste alors les sacs en tissu réutilisables.
Les solutions québécoises sont loin d’être les plus drastiques en ce qui concernent nos ennemis les sacs en plastique. En Irlande, la taxe de 10 sous par sac de plastique a réduit leur utilisation de 90 % ! Dans certains pays, quiconque se fait arrêter en possession d’un malheureux sac en plastique est passible d’une amende monétaire. Les épiceries ont fait un grand pas en avant en imposant cette nouvelle règle qui incite fortement les consommateurs à ne pas les utiliser. Le gouvernement devrait leur emboîter le pas : à quand leur interdiction complète ?
Aux gens rébarbatifs à l'idée de cette nouvelle règle présente dans plusieurs épiceries qui prétextent l'oubli, c'est une habitude à prendre : on s'y fait. L'environnement, ce n'est pas juste l'affaire de ceux qui y pensent, c'est vous aussi qui subirez les conséquences de notre gaspillage. Pour ceux qui pensent à leurs poubelles, je crois que tous les sacs de pain, de lait et autres peuvent bien remplir ce rôle. Ceux-là, on ne peut pas les éliminer tout de suite. Voyons plus loin que le bout de notre sac en plastique. Si nous en sommes au point de devoir en acheter des neufs pour nos poubelles, peut-être est-ce parce que nous produisons trop de déchets, tout simplement.

Avril 2009
La gestion des déchets domestiques : une logistique nouvelle à développer
par Léa Cullen-Robitaille
J’ai entendu certaines critiques peu élogieuses au sujet de notre système actuel de collecte sélective de déchets. J’entends ici la collecte du compostage local, du multirecyclage, du recyclage de papier et des poubelles. J’en conçois aisément les raisons : de gros camions polluants fonctionnant à l’essence arpentent hebdomadairement nos rues pour ramasser le contenu de nos bacs trop remplis. Côté rendement écologique, sans avoir de chiffres sur lesquels s’appuyer, facile de constater qu’on échange des m3 de site d’enfouissement ou de gaz toxiques produits par l’incinération pour d’autres de CO2 provenant de ces véhicules motorisés. La question est donc complexe : la réponse nécessite d’être élaborée avec soin et en profondeur. Loin de penser que je détienne le secret de notre logistique de collecte sélective, je vous en propose tout de même une qui me semble peut-être utopique, mais qu’on devrait tout de même étudiée.
Les déchets que nous produisons et dont nous pouvons tenter d’amoindrir les effets sont principalement des emballages de plastique, des contenants de verre, des boîtes de jus, des conserves, des canettes d’aluminium, des barquettes en styromousse et du papier. Je proposerais donc que les contenants de plastique de faible qualité (donc que nous ne sommes pas tentés de laver et de réutiliser à des fins personnelles) soient troqués contre d’autres plus résistants en verre. Une fois le consommateur l’ayant vidé de sa substance, il n’aura qu’à le rapporter à l’épicerie (où il doit inévitablement se rendre à moins d’être autosuffisant), endroit où le camion de livraison de la compagnie viendra, au moment de décharger les victuailles hebdomadaires, se remplir de ces contenants consignés propres au fabricant. À partir de ce moment-là, le camion doit se rendre à l’entrepôt ou à l’usine pour y chercher le nouveau stock et, par la même occasion, y déposer les contenants de verre vides. À cet endroit, usine ou entrepôt, se trouveraient les installations nécessaires pour laver et stériliser lesdits récipients. L’avantage consiste à les remplir une énième fois, sans avoir dépensé de nouvelles ressources matérielles destinées au contenant et non au contenu. Si le contenant influence le consommateur lors de l’achat du produit, il aura désormais un choix à faire : celui d’encourager une compagnie écologiquement responsable, ou celle qui se démarque par son emballage ridiculement inutile. Les camions rentabiliseront leur voyage par un aller et retour chargés. Même si le verre est beaucoup plus lourd que le plastique, il peut engendrer une dépense d’énergie motrice supérieure à celle qui le serait par le plastique, d’où l’importance de privilégier les énergies vertes dans le domaine du transport (c’est une autre question qui sera débattue dans un futur article…) Même concept pour les boîtes en carton de céréales, de biscuits et de barres tendres. Rapportées à l’épicerie, le camion viendrait les chercher et les rapporter au lieu de départ où elles seront recyclées et retransformées en nouvelles boîtes, à défaut d’être assez solides pour être réutilisées telles quelles. Ceci éviterait à des nouveaux camions de passer dans nos rues résidentielles en dépensant du carburant supplémentaire à celui que les camions de livraison dépensent pour retourner à leur point de départ (me trompai-je ou les camions font souvent des retours sans être chargés?). Du même coup, cela responsabiliserait les fabricants quant au suremballage. Face à l’obligation de devoir gérer ce qu’ils ont créé, certains y penseraient peut-être deux fois avant d’imposer au consommateur des emballages extravagants.
J’avoue sans honte qu’ainsi, je ne m’attaque pas à la source du problème qui est la réduction des déchets eux-mêmes, mais plutôt à leur gestion. Il est clairement impossible d’éradiquer tout emballage de nos magasins, pour des raisons d’hygiène entre autres. Il faut donc trouver des solutions pour gérer cet enjeu tout en tentant de le diminuer à la source. De là réside l’importance de faire des choix éclairés en tant qu’acheteur au moment crucial d’acheter un produit alimentaire, de loisir ou de travail.

Avril 2009
Choses à faire : encourager les énergies vertes, boycotter les sables bitumineux, élire un gouvernement responsable...
par Léa Cullen-Robitaille
L’avancée technologique progresse rapidement : on développe des moyens de plus en plus originaux pour produire de l’énergie, on utilise notre savoir pour perfectionner les systèmes déjà implantés et on en crée de nouveaux. Avec toutes ces techniques de plus en plus sophistiquées, on peut se demander pourquoi on est encore si dépendants d’énergies polluantes et non renouvelables comme le pétrole, le charbon et le gaz naturel.
Il y a évidemment raison de croire que les compagnies pétrolières brouillent les pistes. Leur grand pouvoir économique leur permet de détenir le monopole sur les autres technologies qu'elles peuvent acheter et décider de ne pas commercialiser. Mais regardons les solutions nouvelles et moins récentes présentant de l'espoir avec leurs avantages et inconvénients.
Si le Québec bénéficie de l'hydroélectricité, énergie considérée comme assez écologique (renouvelable à tout le moins), cette solution n’est pas transférable ailleurs dans le monde. Il faut donc se réjouir de notre chance et s’adapter aux autres cas. Par exemple, l’énergie marémotrice est parfois exploitée sur certaines côtes. L’énergie hydraulique des courants marins commencent également à l’être. Évidemment, implanter ces installations sur des fonds marins comporte des précautions inévitables. Des études étoffées doivent être réalisées quant à leurs impacts sur la faune et la flore du milieu. Dans les pays de l’équateur, l’énergie solaire aurait avantage à être plus exploitée puisqu'elle est inépuisable. Seulement, c'est son coût qui rebute. La géothermie est une autre option énergétique et écologique encore une fois dispendieuse qui s'exploite de plus en plus. De son côté, l’énergie éolienne est un choix éclairé pour les régions venteuses. Chaque coin du monde doit donc développer les moyens énergétiques les plus adaptés à sa géographie pour s'alimenter.
Par ailleurs, certains concepts plutôt originaux ont commencé à faire leur entrée sur le marché. Les planchers de danse à ressort dont le mouvement des fêtards sont convertis en électricité en est un exemple. D’autres concepts aussi originaux sont en trains d’être mis au point : la pression des pas des marcheurs d’une place centrale (métro, centre d’achat), la chaleur produite par les immenses serveurs des grands de l’informatique, le frottement des roues d’une autoroute très passante, le mouvement des appareils des utilisateurs de centre de conditionnement physique, et bien d’autres encore. Les véhicules fonctionnant à l’air comprimé ou à l’huile usagée des restaurants en sont d’autres exemples qui ne peuvent être généralisés mais qui peuvent être combinés dans la masse pour amoindrir l’impact des carburants polluants.
On ne voit encore que peu de résultats positifs en rapport à la diminution des gaz à effet de serre produits par notre consommation personnelle (maison et automobile). Les industries prennent une grande part de responsabilité : on n'a qu'à penser qu'à l'extraction des sables bitumineux canadiens. Ceux-ci nécessitent 17 millions de mètres cube de combustible quotidiennement, soit assez pour alimenter 3 millions de maisons. C'est donc 3 fois plus d'énergie dépensée que pour l'extraction classique de pétrole, et donc une production de 3 fois plus de gaz à effet de serre. De plus, une grande superficie de forêt est monopolisée par cette exploitation. Celle-ci détourne également de la rivière Athabasca, qui ne suffit pas à la demande, entre 2 et 5 barils d'eau pour chaque baril de pétrole produit, eau devenue toxique et stockée dans des réservoirs immenses. A-t-on honte de cette dépense d'eau qui pourrait étancher la soif des millions de gens privés de cette ressource vitale ? Voulons-nous vraiment continuer à dépendre de ce pétrole accablant ?
Bref, la solution miracle universelle est loin d’être au point : existe-elle seulement vraiment ? Le mieux qu’on puisse faire présentement est d’encourager la science à continuer d’approfondir ses recherches originales, nouvelles et adaptées aux besoins locaux. Pour cela, élisons un gouvernement capable d’agir en ce sens. À ce propos, croyez-vous que le gouvernement canadien actuel représenté par Stephen Harper en est un innovateur, axé sur les découvertes technologiques, visant un développement durable et conscient du problème du réchauffement planétaire?
